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La maternité est une période qui devrait être faite de béatitude pour une femme, sa famille et sa communauté. Cependant, elle est aussi une période de risque, surtout dangereuse pour un grand nombre de femmes.

Au Kasaï Central, L’indisponibilité des sages-femmes dans les maternité, l’absence des banques des sangs sécuriser, les pratiques culturelles sont les principales causes de décès des femmes âgées de 18 à 45 ans.

Dans une interview accordée à Monde 24.net, Marie Nkanku sage-femme à l’hôpital général de référence de Kananga révèle à nos micros que la situation de décès au Kasaï Central est inexplicable. Plusieurs causes majeures évitables sont à la base de ce fléau. Entre autres :
L’indisponibilité des sages-femmes dans les maternités. « au Kasaï Central, les accouchements sont dans une grande partie assistés par les infirmières et les matrones qui ne maîtrisent pas les compétences obstétriques enseignées aux sages-femmes » ;

  • La carence des banques de sang sécurisées pour traiter les hémorragies qui, d’ailleurs sont le noyau de plusieurs cas de décès maternels dans cette contrée ;
  • Les manques des médicaments essentiels pour sauver des vies des femmes ;
  • La qualité optimale des soins obstétricaux d’urgence ; les pratiques culturelles.

L ’ignorance de la notion de planification familiale et la faible fréquentation des consultations prénatale sont un plus grand pont au cœur des décès maternels dans cette partie du pays.

Une femme sur la table de consultation dans un des hôpitaux en RDC

Le retard dans la prise de décision, le manque de consultation prénatale. Au Kasaï Central seulement 2 femmes sur 10, partent à la consultation prénatale. Pourtant celle-ci est obligatoire après les 3 trois premiers mois de la grossesse.
Elle note aussi les mariages précoces où d’enfants qui sont récurrent dans cette province « Les filles dont l’âge varie entre 14 et 17 ans quand elles conçoivent, elles sont exposées à plusieurs risques dont les décès maternels » renchérit-elle

Plus de la moitié de décès maternels au Kasaï Central se produisent dans des territoires et villages instables, plongés dans la crise humanitaire. Dans ces milieux vivent les femmes pauvres qui ont moins de chances de recevoir des soins médicaux appropriés, cela particulièrement dans les zones où les personnels de santé qualifiés sont moins nombreux comme le cas du territoire de Demba. La distance, le manque d’information, l’inadéquation des services sont les autres factures qui empêchent les femmes de solliciter les soins durant la grossesse et l’accouchement au Kasaï central.

Pour éviter les décès maternels dans cette contrée il faut que toutes les femmes accèdent équitablement à des soins prénatals pendant la grossesse ;

  • Elles doivent bénéficier d’un personnel qualifié lors de l’accouchement et recevoir des soins et de soutien au cours des semaines qui suivent cet accouchement
    Il est également nécessaire de prévenir les grossesses non désirées ou très précoces. Toutes les femmes y compris les adolescents doivent avoir l’accès à la contraception.
Une sage femme entrain d’examiner une femme grosse

Pascaline : Madame, selon vous, quels sont les principaux défis auxquels le gouvernement tant national que provincial et ses partenaires à travers le Ministère de la Santé devraient-ils s’attaquer pour atteindre zéro cas de décès maternel d’ici 2030 ?

Je pense que le gouvernement tant national que provincial et ses partenaires devraient s’attaquer sur les points suivants pour atteindre d’ici 2030, zéro cas de décès maternels :

  • Renforcer le système de santé avec un personnel médical bien formé et des services d’urgences fiables ;
  • Affecter les sages-femmes dans les maternités.
  • Sensibiliser la communauté entière sur les avantages de la planification familiale.
  • Équiper la province d’une ou plusieurs banques de sang sécurisées
  • Construire au moins 5 à 10 maternités équipé d’un personnel qualifié et des produits nécessaires pour sauver les vies des mères dans chaque quartier du Kasaï centrale.
  • Créer un cadre dans lequel les femmes peuvent s’autonomiser
  • Créer un cadre dans lequel, les femmes auront le monopole de décision dans le planning familial, a-t-elle conclue.

Le problème de décès maternel nous concerne tous, ensemble combattons ce fléau en soutenant les efforts du gouvernement et ces partenaires a conclue Madame Marie.

Pascaline MILEMBA

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